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Traduction : l’IA a besoin de l’humain !


L’intelligence artificielle a besoin de l’humain pour produire les résultats attendus : une traduction exacte, claire et économique. Vos linguistes et chefs de projets s’adaptent avec talent pour vous aider tirer le meilleur profit de l’IA, avec prudence et raison. Mon conseil : soyez-leur fidèle !

Une tribune de Jean-Marc Sahuc (société Legitem).

Il me semble utile d’exprimer la position de Legitem sur la question de l’usage de l’intelligence artificielle dans le domaine linguistique.

L’intelligence artificielle, utile et non miraculeuse.

C’est une évidence : un projet de traduction débute grâce à un chef de projet. Cette fonction est l’une des plus délicates, des plus exigeantes, dans notre métier. Il ou elle est là pour traiter vos documents et déterminer la meilleure solution pour chaque projet de traduction ou d’interprétation.

L’enjeu détermine le choix du mode opératoire. Chez Legitem, pour un document juridique tel que des conditions générales de vente ou d’achat, pour un document d’enregistrement universel, pour un communiqué de presse, pour une traduction destinée à être certifiée, le chef de projet va privilégier une réalisation entièrement humaine (n’excluant pas un certain usage de l’IA à des fins de recherche documentaire, d’exploration des interprétations possibles de passages obscurs, par exemple). À cet égard, la norme ISO 17100, strictement respectée par Legitem, fait autorité.

Une post-édition de traduction automatisée sera envisagée pour certains documents pour lesquels l’exactitude et la clarté, sans subtilité particulière, peuvent suffire.

L’IA ne produit qu’un premier jet à partir duquel un duo de linguistes a encore beaucoup à faire. Ce premier jet est de qualité très variable. Un linguiste appelé post-éditeur l’améliore afin de produire le résultat souhaité. Chez Legitem, nous appelons cette phase davantage « cocréation » que « post-édition ». Le linguiste, garant de l’exactitude et de la qualité stylistique de la traduction, ne se contente pas de relire et modifier « à la marge » le premier jet produit par l’IA : il dialogue avec celle-ci afin d’optimiser la qualité du « produit » fini. J’ai testé ce mode de production et constaté qu’il présente un avantage majeur : celui de préserver l’intérêt du travail pour le linguiste, qui sent qu’il reste maître du jeu. Mieux : celui de préserver sa dignité professionnelle.

Or, sans cet intérêt, sans ce sentiment de dignité professionnelle, demain vous ne pourrez plus compter sur les linguistes pour vous permettre de tirer le meilleur parti de l’intelligence artificielle dans toutes les combinaisons de langues que vous ne maîtrisez pas et dans tous les cas où vous n’aurez pas le temps de réaliser vous-même le travail exigeant de finalisation que j’évoque ci-dessus.

Dernière étape de l’intervention humaine : la révision de la post-édition (ou cocréation) par un deuxième linguiste qualifié.

Ces deux étapes essentielles reposent sur l’humain. Elles révèlent le fait que l’intelligence artificielle n’a rien de miraculeux et expliquent pourquoi l’écart de coûts entre la traduction entièrement humaine et la post-édition de traduction automatisée peut être moindre qu’escompté.

« Jusqu’où ne pas aller trop loin ».

Certains opérateurs envisagent à présent des post-éditions réalisées par l’intelligence artificielle. Legitem est totalement opposée à cette pratique, contraire à la prudence et à notre éthique.
Ainsi que je le suggère plus haut, l’enjeu est de tirer le meilleur parti de l’intelligence artificielle sans jamais perdre conscience du fait que son utilité repose sur l’humain, c’est-à-dire, dans notre métier, les linguistes et chefs de projet, qui doivent être motivés, respectés et valorisés, faute de quoi ils feraient rapidement défaut.

C’est alors que seraient perdues – au préjudice des entreprises et professionnels qui entendent miser sur la qualité de leurs documents et la préservation de leur image de marque – les ressources humaines, les compétences, indispensables au bon fonctionnement d’un écosystème dans lequel l’IA ne peut en aucun cas se suffire à elle-même.

Mon conseil est donc aujourd’hui le suivant : soyez fidèle à vos linguistes, à vos entreprises de traduction dont vous appréciez la disponibilité et le travail. Songez aux inconvénients d’une démoralisation préjudiciable à vos intérêts, celle qui peut résulter d’une survalorisation de l’IA et de certaines mises en concurrence inconsidérées.

Soyez-leur fidèle car c’est un choix d’avenir !

Dernière mise à jour de ces informations: 2026